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Comment parler de la guerre avec ses enfants ?


Ces dernières années, les enfants ont été confrontés à de nombreuses situations peu habituelles et angoissantes, à commencer par les attentats, la pandémie, les manifestations et maintenant la guerre en Ukraine. Il est difficile d’échapper au sujet, surtout lorsque les conflits se déroulent si près de chez nous. Dans les cours de récréation, à la télévision, sur les réseaux sociaux, vos enfants ont très probablement vu ou entendu des choses à propos de la guerre qui peuvent générer chez eux un sentiment d’inquiétude.

Comment parler de violence et de guerre avec les enfants ? À partir de quel âge peut-on aborder le sujet ?


Peut-on parler de la guerre avec les plus jeunes ?


Il n’y a pas d’âge pour parler de la guerre, il faut simplement être à l’écoute de votre enfant. Pose-t-il des questions ? Aborde-t-il le sujet spontanément ?

Attendez que la conversation se présente pour avoir une discussion avec votre enfant. Si ce genre d’occasion ne se présente pas, vous pouvez essayer de l’amener en posant des questions telles que : « quelque chose te tracasse en ce moment ? » ou bien « as-tu entendu parler de quelque chose de grave dont tu voudrais me parler ? ». Gardez en tête qu’il ne sert à rien de forcer la discussion, cela peut au contraire générer de l’angoisse.

Comment parler de la guerre avec les plus jeunes ?


Les tout-petits ont souvent un discours bien tranché et binaire : d’un côté les méchants, de l’autre, les gentils. Et c’est tout à fait normal ! Votre enfant se constitue des repères en triant les informations qu’il reçoit. C’est le rôle des parents d’apporter de la nuance à ses propos. Pour cela, donnez-lui des exemples concrets de situations conflictuelles qu’il comprendra facilement. S’il a des frères et sœurs, vous pouvez évoquer les disputes qui surviennent et rassurer votre enfant en lui prouvant que tout conflit trouve toujours une solution. Apportez-lui des éléments de compréhension en expliquant les choses calmement avec des mots simples tels que « ce pays se comporte mal avec celui-ci », en montrant les pays sur une carte.

Inciter également votre enfant à nuancer ses propos en l’interrogeant sur ses émotions : « pourquoi dis-tu que quelqu’un est méchant ? Parce que cette personne est en colère ? Parce qu’elle crie ? ». Ainsi, votre enfant comprendra que tout le monde n’est pas systématiquement méchant.

Cette discussion peut être un prétexte pour élargir son vocabulaire, n’hésitez pas à nommer les choses et les sentiments : haine, guerre, violence, etc. En effet, ces échanges aident votre enfant à comprendre ce qu’il ressent et par conséquent le rassurent.

Comment rassurer mon enfant alors que je suis moi-même confronté à une situation angoissante ?


Il est normal de se sentir dépassé par la situation, d’avoir peur, d’être triste et de pleurer. Cacher vos émotions à votre enfant reviendrait à faire croire que les adultes sont indifférents à cette situation et que ces émotions ne sont pas légitimes. Les enfants « copient » les émotions des adultes, ne pas parler peut provoquer un sentiment d’incompréhension chez l’enfant et à terme des angoisses. Exprimez vos émotions tout en vous montrant rassurant, votre enfant doit comprendre qu’il est en sécurité avec vous.

Votre enfant arrive à l’âge des questions existentielles et des pourquoi ? « Pourquoi les gens font-ils la guerre ? », « Pourquoi telle personne agit-elle comme cela ? », « Pourquoi les gens meurent-ils ? ». De même, il est normal de ne pas avoir réponse à tout.

Entre 5 et 7 ans, votre enfant comprend le caractère irréversible de la mort. Vous pouvez le rassurer en lui disant que la vie est importante parce qu’il y a la mort et qu’il faut faire une place pour la mort dans sa vie.

Comment parler de la guerre avec mon adolescent ?


À l’ère de l’actualité en continu, vos enfants ont probablement déjà vu défiler des images, vidéos ou autres informations sur l’invasion de l’Ukraine. Si vos enfants sont présents sur les réseaux sociaux, ils risquent d’être confrontés à une masse d’informations parfois peu fiables. Donnez à votre adolescent les clés pour s’y retrouver parmi les informations et incitez-le à être un spectateur actif qui s’interroge sur ce qu’il voit.

Quel que soit leur âge, régulez leur exposition aux médias et tout particulièrement aux images de violence. Il vaut mieux attendre la fin de la primaire pour laisser votre enfant prendre connaissance des images tirées des journaux télévisés. De fait, ce médium n’est pas conçu pour un jeune public. Tournez-vous davantage vers des médias spécialisés de vulgarisation pour enfant.

Au cours de leur scolarité, les adolescents ont étudié plusieurs guerres. Sans normaliser la guerre, vous pouvez mettre en lumière l’aspect redondant des guerres dans l’histoire de l’humanité.

Contrairement aux petits, ils ont conscience des risques et du danger qui en découle. Chercher à comprendre la source de ses angoisses : « as-tu peur que la guerre arrive chez nous ? As-tu peur de perdre ta maison ? De perdre quelqu’un ? ». Ce peut être réconfortant de rappeler que même dans les pires situations, des actes de solidarité voient le jour. Pourquoi ne pas suggérer à votre adolescent de proposer son aide dans les centres d’accueil en apportant des produits de première nécessité, des jouets qu’il ne veut plus, des vêtements, etc.

De tout temps, les enfants ont été confrontés à la violence et à la guerre. La situation actuelle est différente dans la manière dont les images parviennent à eux (internet, réseaux sociaux, etc.). C’est pourquoi il devient essentiel de les aider à déchiffrer ce qu’ils voient ou entendent et par-dessus tout de les rassurer pour qu’ils se sentent en sécurité avec vous.


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